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LIGO : l'onde qui n'existait pas

Injections aveugles de faux signaux, corrélations de bruit relevées par le Niels Bohr Institute, ajustement circulaire aux gabarits, hypothèse d'une interférence électrique : six objections publiées à la détection de 2015, et l'état de leur réponse.

Terre Etendue | 20 mai 2025 | révisé le 31 août 2026 |
Ce que cet article estDossier d'analyse
Repose surDes objections méthodologiques publiées, dont l'analyse de Creswell et collaborateurs. Nous n'avons pas accès aux données de LIGO et ne les avons pas traitées.
N’établit pasN'établit pas que les ondes gravitationnelles n'existent pas, ni que la détection de 2015 est fausse. Recense des objections publiées et l'état de leur réponse.

La détection d’ondes gravitationnelles de 2015 est l’observation la plus citée de la physique contemporaine. Six objections méthodologiques lui ont été opposées dans la littérature ; aucune n’est de nous, et nous n’avons pas accès aux données de LIGOLIGOLaser Interferometer Gravitational-Wave Observatory. Détection contestée d'ondes gravitationnelles en 2016. Problèmes : injections fantômes, corrélation instrumentale (Creswell 2017), pseudotenseur inadmissible. Voir La gravité : 70 théories et aucune certitude..

01Les injections aveugles : fabriquer de faux signaux

En 2016, Jonah Kanner et Alan Weinstein — chercheurs de LIGO à Caltech — décrivirent dans Wired comment la collaboration pratiquait des Blind Hardware Injections : l'introduction clandestine de faux signaux gravitationnels dans les détecteurs, à l'insu des analystes.

En septembre 2010, un faux signal fut injecté. L'équipe le « détecta », rédigea un article, organisa une conférence de presse… avant que les concepteurs de l'injection ne révèlent la supercherie.

En clair

Pour tester leur équipe, les responsables de LIGO glissaient parfois en cachette un faux signal dans les appareils, sans prévenir les analystes — un peu comme un instructeur qui déclencherait une fausse alarme pour voir si les pompiers réagissent bien. Le problème : une fois, le faux signal a été pris pour une vraie découverte, jusqu'à une conférence de presse. La frontière entre vrai et faux est donc, par construction, ténue.

FAIT ÉTABLI N°1

LIGO disposait d’une infrastructure de « Blind Hardware Injections » permettant d’introduire clandestinement de faux signaux dans les détecteurs. En septembre 2010, un faux signal injecté fut « détecté », documenté dans un article et porté jusqu’à une conférence de presse avant révélation de la supercherie.

02L'affaire Creswell : les corrélations de bruit

En 2017, une équipe du Niels Bohr Institute de Copenhague (Creswell, von Hausegger, Jackson, Liu, Naselsky) publia une analyse des données publiques des trois premiers événements LIGO. Leurs conclusions furent renversantes :

  • Le bruit résiduel (après soustraction du signal) présentait des corrélations entre les deux détecteurs — au même décalage temporel que le signal lui-même.
  • Ces corrélations se manifestaient à 35 Hz, précisément dans les lignes de calibration.
  • La distinction entre signal et bruit demeurait « non établie ».

« Une distinction claire entre signal et bruit reste à établir afin de déterminer la contribution des ondes gravitationnelles aux signaux détectés. »

— Creswell et al., arXiv:1706.04191v2, Niels Bohr Institute, 2017
En clair

Une fois le « signal » retiré des données, il devrait ne rester que du bruit aléatoire, différent dans les deux détecteurs. Or des physiciens de Copenhague ont trouvé que ce bruit « résiduel » restait étrangement synchronisé entre les deux sites, exactement comme le signal. C'est comme effacer la mélodie d'un enregistrement et constater que le « silence » qui reste bat encore le même rythme : troublant, et signe que signal et bruit ne sont pas si bien séparés.

FAIT ÉTABLI N°2

L’équipe du Niels Bohr Institute (Creswell et al., 2017) a montré que le bruit résiduel des trois premiers événements restait corrélé entre les deux détecteurs au même décalage temporel que le signal, notamment à 35 Hz. La distinction entre signal et bruit demeure « non établie ».

03Le template matching : un cercle vicieux

LIGO ne détecte pas les ondes gravitationnelles de manière directe. Elle compare ses données à des milliers de templates théoriques (des « modèles types » : des formes de signal calculées à l'avance par la théorie, comme un catalogue d'empreintes de référence) pré-calculés à partir de la Relativité Générale. Quand un signal corrèle suffisamment avec un template, il est classé comme « détection ».

UNE DÉFORMATION INFIMENT PETITEéchelle des tailles (puissances de 10, en mètres)1 m — un être humain (≈ 10⁰ m)10⁻¹⁰ m — un atome10⁻¹⁵ m — un noyau atomique10⁻¹⁸ m — déformation annoncée par LIGOsoit ≈ 1/1000 de la taille d'un noyauMesurer cela sur 4 km revient à détecter un cheveu déplacé sur une distance grande comme une galaxie.

La variation de longueur que LIGO prétend mesurer (≈ 10⁻¹⁸ m) est mille fois plus petite qu'un noyau atomique. C'est l'ampleur de ce défi qui rend la séparation entre signal et bruit si délicate (schéma à échelle logarithmiqueÉchelle logarithmiqueGraduation où chaque pas égal correspond à une multiplication par dix, et non à une addition. Son intérêt : une loi de la forme y = xn y devient une droite dont la pente vaut exactement n. C'est ce qui permet de mesurer un exposant plutôt qu'une valeur — une flèche qui croît comme le carré de la distance donne une pente de 2,000. Voir Mesurer la courbure sur l'eau.).

Les données brutes sont soumises à des traitements de filtrage (band-pass : on ne garde qu'une plage de fréquences ; band-stop : on en coupe une autre — un peu comme l'égaliseur d'une chaîne hi-fi qui pousse certains sons et en efface d'autres) qui modifient irrémédiablement la forme des signaux. Mei et al. (2022) ont montré que les formes d'ondes publiées ne correspondent plus aux prédictions de la RG après ces filtres.

04L'hypothèse d'une fausse alarme électrique

Ulianov, Mei et Yu (Journal of Modern Physics, 2016) ont montré que les signaux de GW150914 et GW151226 présentaient des composantes fréquentielles similaires aux harmoniques du réseau électrique américain (60 Hz). Ces sources d'interférence peuvent affecter les deux détecteurs simultanément, mimant un signal astrophysique.

En clair

LIGO ne « voit » pas une onde directement : il cherche dans ses données la forme qu'il s'attend à trouver, puis annonce l'avoir trouvée. C'est un peu comme reconnaître un visage uniquement parce qu'il ressemble à la photo qu'on tenait déjà — le risque étant de retrouver ce qu'on cherchait. De plus, le simple bourdonnement du réseau électrique (60 Hz aux États-Unis) peut perturber les deux sites à la fois et imiter un événement venu du cosmos.

FAIT ÉTABLI N°3

La détection repose sur du template matching circulaire : les données, filtrées (band-pass/band-stop), sont comparées à des modèles pré-calculés à partir de la Relativité Générale. Des composantes proches des harmoniques du réseau électrique à 60 Hz peuvent affecter les deux sites simultanément.

05Les douze problèmes irrésolus

Aucun de ces problèmes n'a reçu de réfutation définitive :

  • Injections aveugles — infrastructure de fabrication de faux signaux.
  • Bruit résiduel corrélé — Creswell et al., Niels Bohr Institute.
  • Résonance de Schumann (une « note » électromagnétique naturelle qui résonne en permanence entre la surface de la Terre et la haute atmosphère, et qui peut atteindre les deux détecteurs en même temps) — couplage électromagnétique Terre-ionosphère entre sites.
  • Template matching circulaire — présuppose ce qu'on cherche à prouver.
  • Bruit non gaussien — résidus avec des anomalies inexpliquées.
  • Décalage temporel — compatible avec du bruit électrique corrélé.
  • Mass gap — masses dans la zone d'incertitude théorique.
  • Boîte noire algorithmique — vérification externe limitée.
  • Biais de confirmation automatisé — alertes non neutres.
  • Inférence par simulation — comparaison à des simulations, pas à des mesures.
  • Vraisemblance statistique douteuse — hypothèses contestées.
  • Absence de confirmation indépendante — aucun observatoire non affilié n'a confirmé.
En clair

Aucun de ces douze points faibles n'a été clairement réfuté à ce jour. Pris isolément, chacun pourrait s'expliquer ; mais empilés, ils fragilisent l'ensemble — comme une maison dont on découvrirait douze fissures différentes sans qu'aucune n'ait été réparée.

FAIT ÉTABLI N°4

Aucun des douze problèmes méthodologiques recensés (injections, bruit corrélé, résonance de Schumann, matching circulaire, absence de confirmation indépendante…) n’a reçu de réfutation définitive.

06La dimension institutionnelle

LIGO a coûté plus d'un milliard de dollars. Plus de 1 000 chercheurs signent chaque article — un fait sans précédent qui rend toute vérification interne réellement indépendante structurellement impossible.

Le Prix Nobel 2017 fut attribué moins de deux ans après l'annonce, alors que les prix pour des détections expérimentales sont habituellement décernés des décennies plus tard, une fois la découverte solidement confirmée.

Le critère que nous appliquons ici, et qui n'est pas une citation mais notre propre position : une découverte n'est pas établie par le consensus interne d'une collaboration qui finance sa propre recherche, mais par une réplication indépendante. C'est ce critère, et non l'autorité des signataires, qui sert de mesure dans tout ce qui suit.

L'expérience LIGO ne constitue pas une preuve établie. Elle constitue une série de signaux dont l'interprétation reste profondément controversée sur des bases techniques solides. Toute présentation de LIGO comme une certitude acquise relève de la communication institutionnelle, non de la rigueur scientifique.

07Sources

Chaque source porte sa classe de vérifiabilité. Elle ne dit pas si la source est bonne, mais ce qu’elle permet de faire : A mesure directe, protocole et instrument connus — conclure. B chemin mesuré mais indirect — borner. C valeur rapportée, calculée depuis un modèle, ou source primaire non consultée — illustrer, jamais conclure. D déclarative, affirmée sans donnée jointe — rien. renvoi désigne un de nos propres articles, qui n’est pas une source. La grille est détaillée dans Standards et méthode.

  1. B B. P. Abbott et al. (LIGO Scientific Collaboration & Virgo Collaboration), « Observation of Gravitational Waves from a Binary Black Hole Merger », Physical Review Letters 116, 061102, 2016. DOI : 10.1103/PhysRevLett.116.061102
  2. B J. Creswell, S. von Hausegger, A. D. Jackson, H. Liu, P. Naselsky, « On the time lags of the LIGO signals », arXiv:1706.04191 ; publié dans JCAP 08(2017)013, DOI : 10.1088/1475-7516/2017/08/013 (Niels Bohr Institute, 2017).
  3. C A. D. Jackson et al. (groupe de Copenhague, Niels Bohr Institute), analyses critiques de la qualité des données LIGO/Virgo, 2017-2019.
  4. C P. Ulianov, X. Mei, P. Yu, « Was the Zero Lag Problem of LIGO and Virgo Signals Caused by 60 Hz Electrical Network Interference? », Journal of Modern Physics, 2016.
  5. C X. Mei et al., analyse des formes d’ondes LIGO après filtrage (band-pass/band-stop), 2022.
  6. D J. Kanner, A. Weinstein (LIGO/Caltech), sur les Blind Hardware Injections, Wired, 2016.
  7. renvoi Les trous noirs existent-ils ? — ce que la détection de 2015 permet et ne permet pas d’inférer sur l’objet qui l’aurait produite.
  8. renvoi La gravité : 70 théories et aucune preuve — le cadre théorique dont ces ondes sont une prédiction.