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L'énigme de la Terre immobile : Comment deux siècles d'échecs ont donné naissance à la Relativité

Chaque expérience conçue pour détecter le mouvement de la Terre à travers l'espace a retourné un résultat nul. Chaque résultat nul a été « sauvé » par une nouvelle hypothèse. La chaîne n'a jamais été rompue — elle a été...

Terre Etendue | 29 avril 2026 |

Avant de commencer — de quoi parle cet article ?

Cet article raconte une histoire que les manuels de physique ne racontent jamais en entier. Pendant 200 ans, des physiciens de premier plan ont tenté de détecter le mouvement de la Terre à travers l'espace. Chaque expérience a échoué. Chaque échec a été « sauvé » par une nouvelle hypothèse.

Ce n'est pas une théorie du complot — ce sont des faits documentés dans les publications scientifiques originales. Nous citons les sources primaires : les articles de Bradley, Arago, Airy, Michelson, Lorentz et Einstein eux-mêmes.

Aucun prérequis nécessaire. Tous les termes techniques sont expliqués au fil du texte. L'article suit un ordre chronologique simple : une expérience, un résultat, un « sauvetage ».

01 La chaîne des résultats nuls

Imaginez que vous soupçonniez votre maison de se déplacer sans que vous le sentiez — comme un bateau qui glisse sur un lac parfaitement lisse. Vous concevez une expérience après l'autre pour mesurer ce mouvement. Et à chaque fois : zéro. Pas de mouvement détecté.

Que concluriez-vous ? Soit la maison ne bouge pas, soit il y a une raison très spéciale pour que le mouvement soit parfaitement invisible. C'est exactement le dilemme auquel la physique a fait face pendant deux siècles.

Voici la chaîne complète, documentée avec les sources primaires :

1728
Bradley — aberration stellaire
Résultat : 20,5″ d'arc, interprété comme v/c
→ « Preuve » du mouvement terrestre
1810
Arago — prisme stellaire
Résultat : NUL (0,8″ au lieu de 28″)
→ Fresnel invente l'entraînement partiel de l'éther
1851
Fizeau — eau en mouvement
Résultat : confirme l'entraînement partiel (88%)
→ L'entraînement est « réel »
1871
Airy — télescope à eau
Résultat : NUL (aberration identique dans eau et air)
→ L'entraînement de Fresnel « explique » le résultat
1887
Michelson-Morley — interféromètre
Résultat : NUL (≤ 1/6 de la vitesse orbitale)
→ Contraction de Lorentz
1895
Lorentz — « états correspondants »
Garantit mathématiquement tous les résultats nuls
→ « Comme si la Terre était au repos »
1905
Einstein — relativité restreinte
Déclare le mouvement absolu « sans signification »
→ La question est supprimée par axiome
FAIT ÉTABLI N°1

En 200 ans d'expériences conçues pour détecter le mouvement de la Terre à travers l'espace, chaque résultat a été nul. Chaque résultat nul a été « sauvé » par une nouvelle hypothèse ad hoc, jusqu'à ce qu'Einstein supprime la question elle-même.

02 L'aberration stellaire de Bradley (1728)

James Bradley
James Bradley (1693–1762) — astronome britannique, troisième Astronome Royal. Il découvre l'aberration stellaire en 1728, seule mesure jamais interprétée comme preuve du mouvement terrestre.

James Bradley (1693–1762) est un astronome britannique, troisième Astronome Royal de Grande-Bretagne. En 1728, il observe quelque chose d'inattendu : la position apparente des étoiles décrit une petite ellipse au cours de l'année — un décalage maximal de 20,5 secondes d'arc (une seconde d'arc, c'est 1/3600ᵉ de degré — un angle minuscule, comparable à l'épaisseur d'un cheveu vue à 20 mètres).

Bradley interprète ce décalage comme l'effet combiné de la vitesse de la Terre (~30 km/s) et de la vitesse de la lumière. Imaginez que vous marchez sous la pluie qui tombe verticalement : la pluie semble venir légèrement de devant vous, parce que votre mouvement « incline » la trajectoire apparente des gouttes. De la même façon, le mouvement de la Terre « inclinerait » la direction apparente de la lumière des étoiles.

L'aberration est la seule mesure où ce ratio est détecté. Toutes les expériences ultérieures conçues pour confirmer ce mouvement par d'autres moyens échouent. Cette asymétrie est le fil rouge de tout cet article.

En clair

Quand vous courez sous la pluie, vous inclinez votre parapluie vers l'avant. Bradley observe que les télescopes doivent eux aussi être très légèrement « inclinés » pour viser une étoile — et il en conclut que la Terre file dans l'espace. Le problème : exactement la même inclinaison apparaîtrait si c'était la pluie (ici l'éther) qui se déplaçait autour d'une Terre immobile. Une seule observation, deux explications possibles.

FAIT ÉTABLI N°2

L'aberration stellaire de Bradley (20,5″) est la seule mesure jamais interprétée comme une détection du mouvement terrestre. Mais elle est aussi compatible avec un éther en mouvement autour d'une Terre stationnaire — l'observation ne discrimine pas entre les deux modèles.

L'ABERRATION STELLAIRE — ANALOGIE DE LA PLUIE TERRE IMMOBILE Pluie verticale → parapluie vertical TERRE EN MOUVEMENT 30 km/s 20,5″ Pluie « inclinée » → parapluie incliné

À gauche : si la Terre est immobile, la lumière stellaire arrive verticalement — le télescope est droit. À droite : si la Terre se déplace, la lumière semble arriver en biais — le télescope doit être incliné de 20,5″. Mais ce même effet pourrait être produit par un éther en mouvement autour d'une Terre fixe.

03 Arago (1810) : le premier résultat nul

François Arago
François Arago (1786–1853) — physicien et homme politique français, directeur de l'Observatoire de Paris. Son expérience de 1810 est le premier résultat nul : la lumière se comporte « comme si la Terre était au repos ».

François Arago (1786–1853) — physicien français, futur directeur de l'Observatoire de Paris et même brièvement chef de l'État français — place un prisme (un bloc de verre triangulaire qui dévie la lumière) devant son télescope pour observer des étoiles.

Son raisonnement est simple : si la Terre se déplace à 30 km/s à travers l'espace, la lumière d'une étoile devrait être déviée différemment selon que l'étoile est « devant » ou « derrière » par rapport au mouvement. Comme un coureur qui reçoit la pluie plus fort sur le visage que sur le dos. Arago prédit une différence de 28 secondes d'arc.

Il mesure 0,8 secondes d'arc — essentiellement zéro.

« La lumière venant de n'importe quelle étoile se comporte dans tous les cas de réflexion et de réfraction précisément comme si l'étoile était située à la place qu'elle semble occuper en conséquence de l'aberration, et la Terre était au repos. »

— E.T. Whittaker, A History of the Theories of Aether and Electricity, résumant les résultats d'Arago

L'interprétation la plus directe : la lumière se comporte comme si la Terre ne bougeait pas. L'interprétation retenue : il doit y avoir un mécanisme qui masque le mouvement.

EXPÉRIENCE D'ARAGO (1810) — PRISME STELLAIRE PRÉVU (si Terre bouge) étoile prisme étoile « devant » étoile « derrière » 28″ Déviation variable selon la direction OBSERVÉ (résultat nul) étoile prisme étoile « devant » étoile « derrière » ≈ 0″ AUCUNE DIFFÉRENCE

Arago s'attendait à ce que la lumière stellaire soit déviée différemment par le prisme selon la direction de l'étoile (28″ de différence prévue). Résultat : la déviation est identique quelle que soit la direction — comme si la Terre ne bougeait pas.

04 L'hypothèse de sauvetage : Fresnel (1818)

Augustin-Jean Fresnel
Augustin-Jean Fresnel (1788–1827) — physicien français, pionnier de l'optique ondulatoire. En 1818, il invente l'hypothèse de l'entraînement partiel de l'éther pour « sauver » le résultat nul d'Arago.

Augustin-Jean Fresnel (1788–1827) — physicien français et pionnier de l'optique — propose en 1818 une solution au résultat embarrassant d'Arago. Son idée : l'éther (le milieu hypothétique dans lequel la lumière se propage, comme le son se propage dans l'air) serait partiellement entraîné par les objets transparents en mouvement.

Le coefficient d'entraînement est : f = 1 − 1/n², où n est l'indice de réfraction du milieu (une mesure de combien le milieu ralentit la lumière — pour le verre, n ≈ 1,5 ; pour l'eau, n ≈ 1,33).

En clair

Face à un résultat gênant, Fresnel ne se demande pas « et si la Terre ne bougeait pas ? ». Il invente plutôt un mécanisme — le verre « traînerait » un peu l'éther avec lui — réglé pile à la bonne dose pour que le mouvement reste invisible. C'est comme expliquer qu'une balance affiche toujours zéro en supposant qu'un lutin retire exactement le poids déposé : commode, mais inventé pour coller au résultat.

FAIT ÉTABLI N°3

L'hypothèse de Fresnel (1818) n'est pas dérivée d'un principe physique indépendant. Le coefficient 1 − 1/n² est la quantité exacte nécessaire pour que le mouvement de la Terre soit invisible dans un prisme. C'est une hypothèse ad hoc — construite spécifiquement pour produire le résultat qu'elle est censée expliquer.

05 Fizeau (1851) : l'entraînement « confirmé »

Hippolyte Fizeau
Hippolyte Fizeau (1819–1896) — physicien français, premier à mesurer la vitesse de la lumière sur Terre (1849). En 1851, il construit un interféromètre pour tester l'entraînement de Fresnel.

Hippolyte Fizeau (1819–1896) — physicien français, célèbre pour avoir été le premier à mesurer la vitesse de la lumière sur Terre — construit en 1851 le premier interféromètre. Un interféromètre est un appareil qui divise un faisceau de lumière en deux, les fait parcourir des chemins différents, puis les recombine. Si les deux faisceaux ont parcouru des distances légèrement différentes (ou à des vitesses différentes), on voit des franges — des bandes alternées de lumière et d'obscurité, comme les ondulations quand deux vagues se croisent.

Fizeau fait passer la lumière à travers de l'eau en mouvement et mesure un décalage correspondant à 88% de la vitesse de l'eau — cohérent avec le coefficient de Fresnel.

Ce résultat est présenté comme une « confirmation ». Mais il ne confirme qu'une chose : quand un milieu se déplace physiquement, il modifie la vitesse de la lumière qui le traverse. Cela ne dit rien sur le mouvement de la Terre — seulement sur le mouvement de l'eau dans le laboratoire.

En clair

Fizeau prouve que de l'eau qui coule entraîne un peu la lumière. C'est réel et mesurable. Mais on a présenté ce résultat comme une preuve que l'éther existe et que la Terre s'y déplace — alors qu'il montre seulement ce que fait de l'eau en mouvement dans une pièce. C'est répondre à une question qu'on ne posait pas.

La mesure transverse de Jones (1972, 1976)

Plus d'un siècle plus tard, R.V. Jones (Université d'Aberdeen) effectue une mesure cruciale : l'entraînement de Fresnel dans la direction transverse (perpendiculaire au mouvement). Ses résultats montrent que le milieu en mouvement déplace la lumière dans la direction du mouvement. Or l'explication standard de l'expérience d'Airy (section suivante) nécessite que l'entraînement agisse contre le mouvement pour annuler l'effet. Si l'entraînement va avec le mouvement (comme Jones le mesure), il devrait augmenter l'angle — pas l'annuler.

EXPÉRIENCE DE FIZEAU (1851) — LUMIÈRE DANS L'EAU EN MOUVEMENT S source séparateur eau → → → ← ← ← eau franges Décalage = 88% de la prédiction de Fresnel Lumière accélérée par l'eau (partiellement) Lumière ralentie par l'eau (partiellement)

Fizeau divise un faisceau lumineux en deux : l'un traverse de l'eau coulant dans le même sens, l'autre dans le sens opposé. Le décalage observé (88%) correspond exactement à la formule d'entraînement partiel de Fresnel — mais ne prouve pas le mouvement de la Terre, seulement l'interaction lumière-matière.

06 L'échec d'Airy (1871) : le résultat le plus embarrassant

George Biddell Airy
Sir George Biddell Airy (1801–1892) — septième Astronome Royal de Grande-Bretagne. Son expérience de 1871 avec un télescope rempli d'eau est le résultat le plus embarrassant de toute l'histoire de la physique optique.

George Biddell Airy (1801–1892) — septième Astronome Royal de Grande-Bretagne, l'un des scientifiques les plus éminents de son époque — est chargé de tester une prédiction précise.

En 1867, le professeur Klinkerfues (astronome à l'Université de Göttingen) raisonne ainsi : si la Terre se déplace réellement, remplir un télescope d'eau devrait augmenter l'angle d'aberration stellaire. Pourquoi ? Parce que la lumière est plus lente dans l'eau (environ 75% de sa vitesse dans l'air). Si la Terre bouge, le rapport vitesse-de-la-Terre / vitesse-de-la-lumière augmente dans l'eau, donc l'angle d'aberration devrait augmenter aussi. C'est une prédiction claire, testable et falsifiable.

Airy construit un télescope zénithal (pointé vers le haut) rempli d'eau et observe l'étoile γ Draconis pendant une année entière.

Résultat :

Résultat : ZÉRO

L'aberration dans l'eau est identique à l'aberration dans l'air.
Aucun changement d'angle. Le mouvement de la Terre est parfaitement invisible.

« Je me considère justifié de conclure que l'hypothèse du Professeur Klinkerfues est intenable. »

— G.B. Airy, Proc. R. Soc. Lond. 20 (1871), p. 37
FAIT ÉTABLI N°4

L'expérience d'Airy (1871) est la seule qui teste directement si le mouvement de la Terre modifie l'angle d'aberration quand un milieu réfractif est introduit. La physique prédit un changement. Aucun changement n'est observé. À ce jour — plus de 150 ans après — aucune explication physique cohérente n'a été fournie.

La communauté scientifique invoque l'entraînement de Fresnel pour expliquer le résultat. Mais Michelson lui-même soulignera en 1887 que cette explication requiert « l'hypothèse absurde que le mouvement de l'eau dans le télescope transporte le rayon de lumière dans la direction opposée ».

Expérience d'Airy (1871) — Télescope à air vs télescope à eau TÉLESCOPE — AIR AIR lumière stellaire 20,5″ point focal Aberration = 20,5″ résultat normal on remplit d'eau TÉLESCOPE — EAU EAU attendu : angle plus grand 20,5″ point focal Aberration = 20,5″ IDENTIQUE ! La physique prédit un angle plus grand dans l'eau — le résultat est identique.
L'expérience d'Airy (1871) : à gauche, le télescope normal (air) montre une aberration stellaire de 20,5″. À droite, le même télescope rempli d'eau — la lumière y est 25% plus lente, donc l'angle d'aberration devrait augmenter. Résultat : l'angle est strictement identique. Le mouvement de la Terre reste parfaitement invisible.

07 Michelson-Morley (1887) : le résultat nul le plus célèbre

Albert Michelson
Albert Michelson (1852–1931) — prix Nobel de physique 1907.
Edward Morley
Edward Morley (1838–1923) — chimiste américain.
Interféromètre de Michelson
L'interféromètre de Michelson-Morley — la lumière est divisée en deux faisceaux perpendiculaires par un miroir semi-réfléchissant, puis recombinée. Si la Terre se déplace à travers l'éther, un faisceau devrait arriver en retard. Résultat : aucun retard détecté.

Albert Michelson (1852–1931) — physicien américain d'origine allemande, futur prix Nobel (1907) — et Edward Morley (1838–1923) — chimiste américain — construisent un interféromètre beaucoup plus sensible que celui de Fizeau.

L'idée est ingénieuse : imaginez que vous nagez dans une rivière. Si vous nagez dans le sens du courant puis contre le courant, le trajet aller-retour prend plus de temps que si vous nagez la même distance en travers du courant. De la même façon, si la Terre se déplace à travers l'éther (le « courant »), un faisceau de lumière envoyé dans la direction du mouvement devrait mettre plus de temps qu'un faisceau envoyé perpendiculairement.

Leur appareil peut détecter des décalages d'une fraction de longueur d'onde de lumière — une précision extraordinaire.

Résultat : un décalage correspondant à ≤ 1/6 de la vitesse orbitale — essentiellement nul, mais pas exactement zéro (un détail souvent omis).

« S'il était maintenant légitime de conclure du présent travail que l'éther est au repos par rapport à la surface de la Terre, alors selon Lorentz il ne pourrait y avoir de potentiel de vitesse, et sa propre théorie échoue également. »

— Michelson & Morley, Am. J. Sci., 34 (1887), p. 341

En une seule phrase, Michelson élimine trois théories. Et pourtant, c'est la théorie de Lorentz — rebaptisée et axiomatisée par Einstein — qui survit.

INTERFÉROMÈTRE DE MICHELSON-MORLEY (1887) « vent d'éther » S lampe miroir 50% miroir A bras parallèle au « vent » miroir B bras perpendiculaire franges Prévu : 0,4 frange de décalage Observé : ≤ 0,02 frange RÉSULTAT NUL

L'interféromètre divise la lumière en deux bras perpendiculaires. Si la Terre traverse l'éther, le bras parallèle au mouvement devrait accumuler un retard mesurable (0,4 frange). Résultat : pratiquement aucun décalage — la lumière se comporte comme si la Terre était immobile.

FAIT ÉTABLI N°5

L'expérience de Michelson-Morley (1887) — la plus célèbre de l'histoire de la physique — n'a détecté aucun mouvement de la Terre. Le résultat est ≤ 1/6 de la vitesse orbitale attendue. Michelson lui-même reconnaît que ce résultat signifie que « l'éther est au repos par rapport à la Terre ».

08 Lorentz (1895) : « comme si la Terre était au repos »

Hendrik Lorentz
Hendrik Antoon Lorentz (1853–1928) — physicien néerlandais, prix Nobel 1902. En 1895, il crée un cadre mathématique qui garantit que tous les phénomènes se déroulent « comme si la Terre était au repos ».

Hendrik Lorentz (1853–1928) — physicien néerlandais, futur prix Nobel (1902) — publie en 1895 son « Théorème des états correspondants ». C'est un cadre mathématique qui garantit que tous les phénomènes optiques se déroulent exactement « comme si la Terre était au repos ».

Il invente la contraction des longueurs : les objets en mouvement rétréciraient dans la direction du mouvement d'exactement la quantité nécessaire pour rendre ce mouvement indétectable. Imaginez une règle qui rapetisse à chaque fois que vous essayez de mesurer votre vitesse — vous ne pourrez jamais la mesurer.

« Tous les phénomènes se produisent exactement de la même manière que si la Terre était au repos. »

— H.A. Lorentz, Versuch einer Theorie (1895), §61, p. 89
CONTRACTION DE LORENTZ — LA RÈGLE QUI RÉTRÉCIT OBJET « AU REPOS » L = 1 mètre v = 30 km/s ? OBJET « EN MOUVEMENT » L' = L × √(1 − v²/c²) ≈ 0,999999995 m La contraction annule exactement le retard prévu → le mouvement devient indétectable par principe

La « solution » de Lorentz : les objets en mouvement rétrécissent dans la direction du mouvement d'exactement la quantité nécessaire pour annuler tout décalage. La contraction est calibrée pour que le mouvement soit indétectable — une hypothèse non-falsifiable par construction.

FAIT ÉTABLI N°6

Lorentz reconnaît lui-même que son cadre mathématique est identique à une Terre stationnaire. La différence entre « la Terre bouge mais c'est indétectable » et « la Terre ne bouge pas » est philosophique, pas expérimentale — aucune mesure ne peut les distinguer.

Wolfgang Pauli confirme en 1921 : le résultat d'Airy est « trivial » — à condition de se placer dans le référentiel de la Terre (c'est-à-dire en supposant la Terre au repos). Mais c'est exactement ce que l'expérience était censée tester !

— Wolfgang Pauli, Theory of Relativity (1921), §36(γ), p. 114

09 Einstein (1905) : la question est supprimée

Albert Einstein au bureau des brevets
Albert Einstein (1879–1955) — employé au Bureau fédéral des brevets de Berne au moment de la publication de la relativité restreinte en 1905. Sa solution : déclarer que le mouvement absolu « n'a pas de signification physique ».

Albert Einstein (1879–1955) — alors simple employé au Bureau des brevets de Berne, pas encore professeur d'université — résout le problème de la manière la plus radicale possible : il déclare que le mouvement absolu n'a pas de signification physique.

Les deux postulats de la relativité restreinte :

  1. Les lois de la physique sont les mêmes dans tous les référentiels en mouvement rectiligne uniforme.
  2. La vitesse de la lumière est constante, indépendamment du mouvement de la source ou de l'observateur.

Ces deux postulats rendent la question « la Terre bouge-t-elle ? » infalsifiable par construction. Comme demander « quelle est la couleur de l'invisible ? » — la question est déclarée sans objet.

Le cadre mathématique d'Einstein — la transformation de Lorentz — est identique à celui de Lorentz 1895. La différence est philosophique : Lorentz pensait que la contraction était physiquement réelle (les objets rétrécissent vraiment). Einstein dit que c'est un effet de la géométrie de l'espace-temps. Le résultat observable est le même.

En clair

Imaginez une question embarrassante à laquelle personne n'arrive à répondre. Einstein ne la résout pas : il décrète qu'elle n'a pas de sens, et on cesse de la poser. Les calculs ne changent pas d'un iota par rapport à Lorentz ; seule l'histoire qu'on raconte autour change. Aucune expérience ne peut départager les deux versions — c'est un choix d'interprétation, pas une découverte.

FAIT ÉTABLI N°7

La relativité restreinte d'Einstein (1905) ne prouve pas que la Terre bouge — elle déclare la question « sans signification physique ». La théorie utilise exactement les mêmes mathématiques que Lorentz (1895) mais change l'interprétation. Aucune expérience ne peut distinguer les deux.

10 Le schéma qui se répète

En 200 ans, le schéma ne change jamais :

ÉTAPE 1 On conçoit une expérience pour détecter le mouvement de la Terre ÉTAPE 2 Résultat : NUL (pas de mouvement détecté) ÉTAPE 3 On invente une hypothèse ad hoc qui explique pourquoi c'est nul ÉTAPE 4 L'hypothèse devient « physique fondamentale » CYCLE Résultat final : la Relativité (1905) Ne résout pas le problème — le supprime. Le mouvement absolu est déclaré « sans signification ».

C'est exactement ce que Karl Popper — philosophe des sciences autrichien, auteur de La Logique de la découverte scientifique — identifie comme le signe d'une théorie infalsifiable : une théorie que rien ne peut contredire, puisque tout résultat est « prédit » par la théorie. (Voir Pourquoi tout remettre en question.)

11 Conclusion : 200 ans sans mouvement détecté

Récapitulons ce que les sources primaires nous disent :

5
résultats nuls consécutifs
3
hypothèses de sauvetage ad hoc
0
détections confirmées du mouvement terrestre

L'aberration stellaire de Bradley (20,5″) est la seule mesure jamais interprétée comme une détection du mouvement terrestre. Toute tentative de confirmer cette interprétation par une expérience indépendante — Arago, Airy, Michelson-Morley — retourne un résultat nul.

FAIT ÉTABLI N°8

L'hypothèse nulle la plus simple — celle qu'on devrait considérer en premier — est que l'aberration a une cause qui ne nécessite pas le mouvement de la Terre. Mais cette hypothèse n'a jamais été sérieusement explorée, car le mouvement terrestre a été élevé au rang de dogme bien avant que les expériences ne puissent le tester.

« Et aussi loin que les hypothèses vont, que personne n'attende rien de certain de l'astronomie, puisque l'astronomie ne peut nous offrir rien de certain, de peur que si quiconque prend pour vrai ce qui a été construit pour un autre usage, il ne sorte de cette discipline plus sot qu'il n'y est entré. »

— Nicolas Copernic, De Revolutionibus (1543), préface

Pour le cadre théorique : L'hypothèse nulle. Pour la chronologie complète : Chronologie critique du modèle globe.

12 Médias

L'expérience de Michelson-Morley expliquée

13 Sources

  1. Bradley, J. (1728). « An account of a new discovered motion of the fixed stars ». Phil. Trans. R. Soc. DOI : 10.1098/rstl.1727.0064
  2. Arago, F. (1810/1853). « Mémoire sur la vitesse de la lumière ». C.R. Acad. Sci.
  3. Fresnel, A.J. (1818). Lettre à Arago sur le coefficient d'entraînement.
  4. Fizeau, H. (1851). « Sur les hypothèses relatives à l'éther lumineux ». C.R. Acad. Sci., 33, pp. 349–355.
  5. Klinkerfues, W. (1867). Die Aberration der Fixsterne nach der Wellentheorie. 66 pages.
  6. Airy, G.B. (1871). « On a supposed alteration in the amount of astronomical aberration ». Proc. R. Soc. Lond., 20, pp. 35–39, 1871. DOI : 10.1098/rspl.1871.0011
  7. Michelson, A.A. & Morley, E.W. (1887). « On the Relative Motion of the Earth and the Luminiferous Ether ». Am. J. Sci., 34, pp. 333–345. DOI : 10.2475/ajs.s3-34.203.333
  8. Lorentz, H.A. (1895). Versuch einer Theorie der electrischen und optischen Erscheinungen in bewegten Körpern. E.J. Brill.
  9. Einstein, A. (1905). « Zur Elektrodynamik bewegter Körper ». Annalen der Physik, 17, pp. 891–921. DOI : 10.1002/andp.19053221004
  10. Pauli, W. (1921). Theory of Relativity. B.G. Teubner. Trad. anglaise : Pergamon, 1958.
  11. Watson, W. (1911). A Text-book of Physics, 5ᵉ éd. Longmans, §368, p. 508.
  12. Jones, R.V. (1972). « Fresnel Aether Drag in a Transversely Moving Medium ». Proc. R. Soc. Lond. A, 328, pp. 337–352. DOI : 10.1098/rspa.1972.0081
  13. Jones, R.V. (1976). « Aether Drag (Improved) ». 95 expériences.
  14. Van der Kamp, W. (1988). De Labore Solis: Airy's Failure Reconsidered. 183 pages.
  15. Whittaker, E.T. (1910). A History of the Theories of Aether and Electricity.